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ACTUALITE - Politique - 26 décembre 2020

De quoi je me mêle ?

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« Article 17 : les mensonges qui ont vécu et résisté 40 ans doivent être considérés comme des vérités ». En s’accordant sur cet article, nos ancêtres africains, auteurs de cette norme prescriptive prononcée en 1236, sur le plateau de Kurkan Fuga, sous l’empire Manding, dans un édit, aujourd’hui connu sous le nom de la charte de Kurkan Fuga, étaient loin d’imaginer qu’en 2020, un vif et électrique débat allait opposer, dans cette partie d’Afrique, des nigériens autour de la validité d’un « certificat de notoriété » vieux de 53 ans au motif qu’il contiendrait des affirmations fausses.

Au centre du processus de production de ce fameux certificat, consubstantiellement créateur de droit mais querellé, établi en 1967, par une autorité judiciaire, un enfant de sept (7) ans puisque l’intéressé serait né en 1960 ; et qui a fini, plus tard, par s’en servir pour se faire délivrer, en 1985, un (1) voire deux (2) certificats de nationalité, tous aussi chaudement querellés, maintenant.

Et pour cause !

Le bénéficiaire de ces actes administratifs créateurs de droit mais sur lesquels pèsent encore de soupçons d’illégalité, chez une large frange de l’opinion, du haut de ses 60 ans d’existence en terre nigérienne et de possession d’état d’originalité (au moins), a eu le toupet de vouloir se faire hisser au sommet de la société : briguer la fonction du président de la république, une fonction que le constituant réserve exclusivement aux citoyens d’origine. Une ‘’originalité’’ qu’il revendique mais que ses adversaires lui contestent fort farouchement, aujourd’hui.

L’intensité de cette contestation méphistophélique est telle que même les trois décisions de justice (un jugement prononcé par le TGI /Diffa et deux arrêts de la cour constitutionnelle) en faveur du bénéficiaire de ces certificats querellés ne semblent qu’amplifier cette querelle…byzantine.

Comme beaucoup d’autres nigériens, un généralissime adversaire ne croit pas encore à une quelconque extinction de ce débat devant le juge constitutionnel et annonce une nouvelle saisine du même juge et sur la même affaire ; sauf qu’il faut craindre qu’il ne s’expose à se faire opposer le principe bien connu en droit : « nemo bis in idem debet vexari », signifiant, grosso mosso, qu’on ne peut juger deux fois la même affaire que si et seulement si le requérant se prévaut des nouvelles preuves sérieuses.

En tout état de cause, il arrive que le droit choque un certain bon sens, une certaine logique ou l’opinion ; ou que, conséquent, la décision de juge ne suffit à régler pacifiquement un différend, surtout lorsqu’un certain autisme politique s’en mêle. J’ai peur qu’on ne soit, dans ce cas, dans cette sulfureuse affaire. Et pour un moment ! Wait and see.

Par Ibrahim Diori (Contribution FB)

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