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ACTUALITE - Politique - 22 décembre 2020

Devoir d’ingratitude…

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Dans cette analyse, l’acteur de la société civile qui a toujours défendu la thèse selon laquelle s’attarder sur la nationalité d’origine du candidat Bazoum Mohamed est une perte de temps, rappelle ici au candidat Salou Djibo ce qu’est réellement la politique.

Au Niger et ailleurs, il y a une chose que tous les politiques, professionnels et amateurs, ont bien assimilée et intériorisée. C’est le devoir d’ingratitude à l’égard, bien sûr, de certains compagnons et bienfaiteurs de circonstance, mais aussi du peuple et des forces qui les ont hissé à un certain rang.

La politique se jouant parfois, sinon toujours, de la morale, le devoir d’ingratitude n’est un défaut ou un vice qu’aux yeux du commun; il est pour les pratiquants et les théoriciens de cet art, l’un des traits distinctifs du « bon prince », vertueux comme le veut Machiavel.

Au cours des trois décennies de vie démocratique, nous avons vu nombreux professionnels de la politique exercer leur devoir d’ingratitude ; et cela nous a parfois réjoui ou attristé, en fonction presque toujours des enjeux du moment, autrement dit de nos appréhensions en terme profit et perte.

C’est dire donc qu’en politique, ce qui compte à nos yeux, nous-mêmes qui en sommes les sujets, ce n’est pas forcément la moralité du devoir d’ingratitude, mais bien ce qu’il génère comme perte et profit.

Aussi, partant de ce postulat et après avoir écouté l’interview de celui qui l’a fait roi, je me suis dit qu’il y a une décision du président Issoufou qui mérite d’être saluée ; c’est celle d’avoir ignoré le pacte que l’on dit qu’il avait signé avec le général Salou Djibo, celle d’avoir choisi de faire montre d’ingratitude à son égard. Cette décision est, bien sûr, une trahison pour le général et ses soutiens; mais, elle est pour beaucoup une décision salutaire, qui oblige le général à se rendre à l’évidence que le chemin du pouvoir par la voie des urnes est plus tortueux que par la voie des canons.

Cependant, il faut dire qu’en exerçant son devoir d’ingratitude, le président s’est fabriqué un nouvel opposant, accueilli à bras ouverts par tous les autres; il a élargi le camps de ses adversaires, qui peuvent compter également sur ses deux principaux alliés en rupture de banc, Albade Abouba et Seyni Oumarou. Les prochains jours nous édifieront ; ils s’annoncent déjà plein de grands défis.

Par Moussa Tchiangari

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