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ACTUALITE - Economie - 4 novembre 2021

Finances : Le FMI veut débourser près de 140 milliards de francs CFA au profit du Niger dans le cadre d’un programme triennal

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Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Ari Aisen, a tenu des réunions virtuelles du 25 octobre au 1er  novembre 2021 afin de finaliser et conclure les discussions sur le soutien financier du FMI via une facilité élargie de crédit à l’appui du programme de réformes économiques des autorités, apprend l’ANP d’un communiqué du FMI.

 «Les autorités nigériennes et l’équipe du FMI sont parvenues à un accord au niveau des services du FMI sur les politiques et réformes économiques et structurelles qui serviront de base pour un nouvel accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), avec un accès à 197,4 millions de DTS (équivalent à environ 278,5 millions de dollars [soit 139 250 000 000, ndlr] ou 150 % de la quote part) », a déclaré M. Ari Aisen au terme de ces réunions.   

Le financement du FMI, précise le communiqué, permettrait de catalyser le soutien supplémentaire des donateurs. L’accord des services du FMI est soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du FMI.

La réunion du Conseil d’administration est prévue en décembre, apprend-t-on.

 «Le Niger a réalisé son premier transfert de pouvoir démocratique avec l’élection du président Mohamed BA ZOUM en avril 2021. La déclaration de politique générale du gouvernement vise à assurer la sécurité et la paix sociale, une gouvernance forte et la consolidation des institutions républicaines, le développement du capital humain, la modernisation rurale, le développement des infrastructures et la promotion de l’inclusion sociale. Le programme politique de reformes soutiendrait une croissance plus élevée et plus inclusive, aidant ainsi le Niger à faire face à ses défis pressants, aigus en matière de développement et de sécurité. Il est important de noter que l’impact sanitaire de la pandémie a été jusqu’à présent relativement limité, grâce notamment aux mesures rapides prises pour contrôler la propagation. Cependant, les conséquences économiques en termes de perte de croissance ont été substantielles et elles s’ajoutent aux difficultés posées par les effets du changement climatique qui affectent l’agriculture, principal secteur de production du pays et la détérioration de la situation sécuritaire dans la région du Sahel », apprécie  M. Aisen, cité par le communiqué.

«Les perspectives économiques pour 2021, et à moyen terme, restent favorables. La croissance du PIB réel devrait rebondir à 5,6 en 2021 alors que l’économie se remet de la pandémie de COVID-19. La croissance devrait s’accélérer en 2022 et atteindre des niveaux à deux chiffres en 2023, stimulée par l’opérationnalisation du nouvel oléoduc vers le Bénin. Le compte courant extérieur devrait se détériorer à court terme en raison de la mise en œuvre de projets à grande échelle avec un contenu élevé de biens d’équipement et de biens intermédiaires importés, avant de s’améliorer sensiblement avec les exportations de pétrole à partir de 2023. Bien que contenues, les pressions inflationnistes devraient persister en 2021, principalement sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires due aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement liées au COVID 19, avant de s’atténuer au cours des dernières années. La situation budgétaire, déjà sous tension en 2020, devrait encore se détériorer en 2021 face aux importants besoins liés à la sécurité et au développement. Toutefois, les efforts d’assainissement et l’arrivée des recettes pétrolières devraient permettre de ramener le déficit à l’objectif régional de 3 % du PIB à moyen terme », souligne le fonctionnaire de l’institution de Breton Woods.

 Selon M. Aisen, le nouvel arrangement de la FEC vise à renforcer la stabilité macroéconomique en relevant les principaux défis budgétaires en termes de mobilisation des recettes intérieures, d’efficacité et de transparence des dépenses, et de gestion des ressources naturelles tout en jetant les bases d’une croissance plus forte, inclusive et tirée par le secteur privé.

« En ce qui concerne les recettes, le programme devrait élargir l’assiette des recettes non pétrolières, réduire l’informalité en améliorant la politique fiscale et l’environnement des affaires, faire progresser les réformes de l’administration fiscale, améliorer la gestion des arriérés d’impôts pour faciliter la planification de la trésorerie, et rationaliser et gérer les exonérations afin d’utiliser au mieux des ressources fiscales limitées. En ce qui concerne la mobilisation des recettes provenant des ressources naturelles, le programme soutiendra la gestion transparente et efficace des recettes pétrolières afin de garantir que l’augmentation prévue des exportations de pétrole se traduise par une augmentation proportionnelle des recettes fis cales », précise-t-il.

«Quant aux dépenses, le programme prévu vise à améliorer la gestion des finances publiques afin d’accroître l’efficacité et la transparence des dépenses par le biais de réformes visant à soutenir une budgétisation à moyen terme plus rigoureuse, à renforcer les réformes liées à la transparence, à améliorer la planification et la sélection des projets d’investissement, et à renforcer la gestion des liquidités et de la dette avec la création d’un compte unique du Trésor » relève le communiqué.

« En outre, l’intensification des efforts visant à améliorer le capital humain et la gouvernance, la lutte contre la corruption et la promotion de la transparence et de la responsabilité sont des piliers essentiels pour la gestion efficace des finances publiques, la fourniture de biens publics et l’amélioration de l’environnement des affaires et sont bien alignés sur les engagements du gouvernement », a ajouté  M. Ari Aisen.

« La mission a tenu des séances de travail avec le ministre des Finances, M. Ahmat Jidoud et le ministre du Plan, M. Rabiou Abdou, le directeur national de la BCEAO, M. Maman Laouane Karim ainsi que d’autres hauts fonctionnaires. L’équipe a également rencontré des représentants du secteur privé, de la société civile, de l’Association des banques et des partenaires du développement. « L’équipe tient à remercier les autorités pour leur coopération, et pour les discussions constructives et productives » a conclu  le chef de la délégation du FMI aux réunions avec la partie nigérienne.

Par ANP

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