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ACTUALITE - DEFENSE - 8 septembre 2021

L ‘ Afrique victime de sa mal gouvernance donne toujours des prétextes aux commanditaires des coup d’Etat, le cas de la Guinée Conakry

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Les pays de l’Afrique dite francophone sont  toujours maintenus  dans le carcan des coups d’Etat militaires où constitutionnels  pour cause des intérêts étrangers au continent.

La mal gouvernance, le déficit de démocratie, l’injustice sociale, le népotisme, le favoritisme, etc,  sont des causes  immédiates qui sous-tendent d’arguments pour effectuer les coups d’Etat en Afrique .

En Guinée Conakry, un coup d’Etat est en cours , ce dimanche 5 septembre 2021, le Président Alpha Condé serait entre les mains des putschistes.

Le chef des putschistes serait un ancien militaire de la légion française, marié à une française,  officier de l’armée française,  d’où des doutes créés dans l’esprit de certains analystes sur les vraies motivations du coup d’Etat.

Sauf d’ exception , en Afrique dite francophone , aucun coup d’Etat ne peut réussir sans l’aval de la puissance ex colonisatrice, la France.
Les annales de l’histoire consacrées aux changements des régimes anticonstitutionnels  en Afrique , sont très édifiantes à cet effet.

Les autres grandes puissances mondiales qui contrôlent le monde , même si elles ont pris  connaissance d’une préparation  d’une tentative du coup d’Etat contre un régime démocratique, elles se taisent lorsque leurs intérêts sordides ne sont pas menacés,  peu importe les conséquences néfastes sur l’évolution économique et sociale des  pays africains concernés.

Pour les grandes puissances mondiales, la démocratie en Afrique doit rimer avec les intérêts supérieurs de leurs États.

Les vraies causes des coups d’Etat en Afrique, sont d’ordre géostratégique et géopolitique. Dès que les intérêts d’un pays démocratique sont en contradiction avec les intérêts d’une  puissance ex colonisatrice ,  ou puissance mondiale, il  court les graves risques d’être renversé par une junte militaire à la solde.

Nous pouvons citer quelques exemples,  pour bien  illustrer cette réalité.
Dans les années 1964, la France avait fermé les yeux sur les exactions perpétrées sur les militants du parti socialiste UDN/ SAWABA , dont le chef, Djibo Bakary et certains de ses lieutenants, étaient contraints à l’exil à cause de son nationalisme.

Cependant quand le régime du PPN/ RDA , dirigé par le Président Diori Hamani avait exigé la révision à la hausse du prix de l’uranium, pour lui permettre de faire face à la sécheresse et à la famine qui sevissaient dans le pays , la dite sécheresse, la dite famine, le népotisme et la crise scolaire, avaient servi de prétexte immédiat pour renverser le régime de Diori Hamani, le 15 avril 1974. Une partie du peuple a, à son temps  vivement applaudit le coup d’Etat.

Le général Seyni Kountché tombeur du régime du PPN/RDA avait  failli aussi être renversé par la France n’eut été le refus du général Ali Chaibou, homme de la décrispation.

Le président Mamadou TANDJA, démocratiquement élu, a été renversé par une junte militaire sous prétexte du « Tazartché  » prolongation du mandat présidentiel alors que dans la réalité, il avait exigé la révision à la hausse la fiscalité de l’uranium au profit du peuple souverain du Niger . Il est le père du pétrole nigérien.

En Guinée Conakry, Comme d’habitude, en pareille circonstance , une partie du peuple, frustrée , jubile, manifeste sa joie dans les rues , applaudit le changement du régime, peu importe les conséquences sur le niveau de vie des citoyens.

Le peuple aime le changement.

Lorsqu’il avait été renversé par la France qui avait participé à son sacre, Jean Bodel Bokassa 1er, dans ses bokassaeries, disait :  » C’est comme ça ! Le peuple aime le changement   » .

En Guinée Conakry, une partie du peuple frustrée,  marginalisée ,manifeste aujourd’hui sa joie,  applaudit le coup d’Etat. C’est ça la triste réalité africaine !

En Afrique,  la problématique qui se pose, d’autre part, entre la dictature d’un régime d’exception, animée par une  volonté de bonne gouvernance et de justice sociale,  et  d’autre part, la dictature d’un régime  démocratiquement élu qui pratique une démocratie tropicalisée ,empreinte de mauvaise gouvernance démocratique , des détournements des ressources publiques, jalonnée d’injustice et de népotisme,  quelle  dictature choisir ? C’est le grand dilemme !

Est-ce qu’ils nous laisseront prendre  librement notre destin en main ?

La réponse à cette question : seule une véritable révolution endogène, animée par des hommes de bonne volonté , très courageux, intègres, nationalistes ,  indépendants des injonctions extérieures, jaloux de la souveraineté nationale,  pourrait permettre à l’Afrique de sortir de ce carcan de sous-développement,  de déficit de démocratie, dans lequel elle se trouve enveloppée et coincée.

La nouvelle problématique qui se pose est de savoir  si  l’élite africaine dans son ensemble est consciente de son rôle ?


Par Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI.

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