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ACTUALITE - CONTRIBUTIONS - 17 décembre 2021

La communauté internationale souhaiterait-elle installer une dictature civile, un chaos, dans l’espace de la CEDEAO ?

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La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest  la CEDEAO, a pour vocation, la promotion de la bonne gouvernance démocratique et économique dans l’espace de la sous-région ouest-africaine. De part les textes qui régissent son fonctionnement, la CEDEAO, est chargée de promouvoir :  l’intégration économique, l’intégration des peuples, la libre circulation des personnes,  des  biens et des services , et l’intégration monétaire.

En 2019, les quinze  chefs d’Etat des pays membres de la CEDEAO ont adopté à l’unanimité la création d’une monnaie commune unique africaine, l’ECO,  qui devrait être mise en œuvre en juillet 2020, malheureusement suite à  la pandémie Covid-19, le projet de la mise en œuvre de la monnaie commune unique africaine de la CEDEAO a été ajourné pour 2021, l’année 2021 tend vers sa fin sans que la monnaie ECO de la CEDEAO ne soit mise en circulation.
Il faudrait se rappeler que la création de cette monnaie commune unique africaine est le fruit d’un travail de près de trente deux ans,  abbatu par les chercheurs, les économistes, les fonctionnaires, les penseurs et experts africains. 

L’ objectif après la mise en œuvre de la monnaie commune unique africaine ECO est de tendre progressivement vers la création d’une monnaie commune globale africaine, gage de la souveraineté monétaire africaine et du développement économique et social.

Cette monnaie aura un taux de change flexible , flottant, elle ne sera arrimée à aucune monnaie étrangère,  elle sera frappée sur un territoire africain, dans la zone monétaire ouest-africaine, la ZOMAO. Une banque centrale africaine sera chargée de la gestion de la nouvelle monnaie africaine.

Malheureusement certains chevaux de troie du néo-imperialisme, du néocolonialisme, cherchent à torpiller ce noble projet pour l’Afrique.
Heureusement la majorité des pays membres de la CEDEAO , particulièrement ceux  qui partagent  l’anglais comme langue officielle commune ,  possèdent d’une longue expérience et d’expertise dans la gestion monétaire, en effet, d’une part ,  le Nigéria,  le Ghana, la Gambie,  la Sierra-Léone, Cap-vert, le  Libéria, et d’autre part, , la Guinée Biseau ( parle le portugais ) ,  Guinée Conakry(parle le  français) ont chacun sa propre monnaie, et leurs produits intérieurs bruts , les PIB,  respectifs depassent de loin ceux  de  certains pays africains francophones membres de l’UEMOA,  de la zone franc CFA.

Donc ils ne se laisseront pas divertir par les arguments fallacieux, de convergence économiques communes ,  des difficultés de la gestion d’une monnaie,  de la stabilisation de l’inflation , pour accepter que leur monnaie commune unique soit arrimée à l’euro monnaie commune des pays membres de l’Union Européenne dont la locomotive est  l’Allemagne.

A ce niveau, il faudrait compter sur le Nigéria et le Ghana pour faire aboutir le dit projet malgré les crocs en jambes de la France à travers ses valets locaux.

Ce qui dérange encore plus aujourd’hui, c’est cette nouvelle conception de la démocratie que veut imposer la  France,  à travers ses chevaux de troie, de la CEDEAO aux pays ouest-africains .

La CEDEAO,  a pour  mission de promouvoir la bonne gouvernance démocratique et économique dans son espace. A cet effet, elle avait adopté un protocole additionnel sur la bonne gouvernance démocratique et économique.
L ‘objectif de ce protocole additionnel est de limiter les mandats présidentiels à deux mandats, dans l’espace de la CEDEAO mais aussi de promouvoir une bonne gouvernance démocratique et économique. Une bonne gestion des biens publics.
Mais dans la pratique, il a été constaté que certains chefs d’Etat africains modifient les articles de leurs constitutions pour pouvoir briguer un troisième mandat et aussi  pratiquent des mauvaises gestions des biens publics.
C’est le cas de la Guinée Conakry, de la Côte d’Ivoire,  du Mali,  ces dernières années.

Les instances de la CEDEAO n’ont pris aucune dispositions pour arrêter ces processus  de violations des dits protocoles , malgré les crises sociopolitiques qui ont provoqué des nombreuses pertes de vies  humaines dans les trois pays.

En Guinée Conakry, suite l’extrême gravité de la crise sociopolitique, pour éviter le chaos, l’armée a pris ses responsabilités en mettant fin au régime du Pr Alpha Condé, en emboitant ainsi les pas à l’armée malienne qui a mis fin au régime de Ibrahim Boubacar Keita pour raison de la mauvaise gouvernance démocratique et économique.

Les forces armées de deux pays se donnent aujourd’hui pour mission d’assainir le climat sociopolitique, et la situation d’insécurité, avant d’organiser les élections générales constitutionnelles, libres, démocratiques, transparentes, crédibles et acceptables par  tous ,avant de passer les témoins aux civils , les deux armées  de deux pays jouissent  aussi de la légitimité populaire.

Cependant la levée du bouclier  incompréhensible  viendrait de la France, qui fait ouvertement des pressions sur les organisations continentales africaines pour faire écourter les durées de ces deux régimes de transition démocratique dans les deux pays.
Cependant la France a cautionné un changement de régime démocratique par un coup d’Etat militaire au Tchad, car la constitution, l’assemblée nationale, le gouvernement, sont dissous dans ce pays , c’est un comité militaire qui dirige le Tchad. Aucune enquête indépendante internationale n’est diligentée pour déterminer les causes et les circonstances de la disparition du Maréchal du TCHAD, Idriss DEBY ITNO.
C’est la même France qui fait la politique de deux poids et deux mesures,  elle condamne des révolutions populaires internes au Mali et en Guinée Conakry mais tolère un regime d’exception au Tchad.
Dans certains pays africains , dits démocratiques, qui partagent en commun la langue française, il est très difficile aujourd’hui pour la société civile d’organiser des manifestations populaires pacifiques pour exprimer leurs opinions, les libertés publiques, les libertés démocratiques , sont aujourd’hui étouffées avec la bénédiction de la France et ses partenaires européens.

La problématique qui se pose : que veut la communauté internationale à l’Afrique ?

Quand la démocratie ne marche pas bien, les forces organisées seules à mêmes d’arbitrer, tentent de mettre de l’ordre , la communauté internationale exerce des pressions en vue d’empêcher l’assainissement de la gouvernance démocratique et économique.

Elle presse les militaires à passer le pouvoir dans les mêmes désordres qui sont à la base des crises sociopolitiques.

D’où l’impression que donne la communauté internationale de cautionner le désordre social en Afrique.

La problématique qui se pose est -ce que les dirigeants africains ont-ils conscience du danger qui les guettent en faisant droit à certains consseils pour ne pas dire injonctions de certaines puissances mondiales,  qui ne trouvent leur compte qu’à travers le désordre en Afrique ?

Les élites africaines doivent se réveiller, affronter avec courage et abnégation, cette dure épreuve avant qu’il ne soit trop tard.

Par Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI.

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