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Diplomatie - 17 novembre 2021

Le Président de la République, Mohamed Bazoum au sommet spécial pour les filles africaines : « L’éducation est le moyen le plus sûr d’arracher les filles à la violence des mariages précoces et des couches dangereuses »

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Le Président de la République, Chef de l’Etat, SEM. Mohamed Bazoum a présidé hier matin, au Centre international de Conférences Mahatma Gandhi de Niamey, la 3 ème édition du Sommet spécial sur les filles africaines pour accélérer la réalisation de leur droit, leur autonomisation et l’élimination de la violence qui leur est faite.

Organisé tous les trois (3) ans, par la Commission de l’Union Africaine,  ce sommet se déroule du 16 au 18 novembre sous le thème ‘’Culture, droits humains et responsabilités : accélérer l’élimination des pratiques néfastes’’, avec une mise en lumière sur les mutilations génitales féminines, le mariage précoce, le déni d’accès à l’éducation, le déni d’accès aux soins en matière de santé de la reproduction.

Le Sommet accueille des délégations venant des 55 Etats membres de l’Union Africaine (UA) et environ 2000 jeunes filles et représentantes d’organisations féminines. Des Oulémas et des chefs traditionnels des différentes régions sont également de la partie afin d’engager des discussions avec les jeunes filles et les acteurs et jeter les jalons de l’opérationnalisation des résolutions du sommet.

Dans le discours d’ouverture prononcé en cette occasion, le Chef de l’Etat a relevé les actions salvatrices entreprises par le Niger dans le cadre de la promotion des droits des filles, avec un accent particulier sur l’éducation de la jeune fille et l’élimination des pratiques néfastes.

Pour le Président Bazoum, « Le choix du Niger pour abriter les présentes assises me paraît extrêmement judicieux parce que le Niger est l’un des pays au monde où ont le plus cours les pratiques opposées aux droits des filles. Il en est ainsi non pas tant parce que nous aurions une législation délibérément rétrograde, à visées attentatoires aux droits des femmes mais simplement parce que du fait d’inerties très caractéristiques nous reproduisons un modèle de société déphasé, source malheureusement de bien des nos difficultés économiques et sociales ».

Cependant a indiqué le Chef de l’Etat, « le Niger est résolument engagé dans la réalisation du Programme 2040 « l’Afrique digne des enfants », dans lequel l’Union Africaine s’engage à éliminer les violences basées sur le genre et les pratiques néfastes.

A cet effet, le Niger a adopté et ratifié les instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux réprimant les Mutilations Génitales Féminines (MGF). Ces instruments sont, entre autres :

·        La Constitution du 25 novembre 2010 qui, en son article 22 dispose : que « l’Etat veille à l’élimination de toute forme de discriminations à l’égard de la Femme, de la Jeune Fille et des Personnes handicapées… » ;

·        La loi n° 2003-025 du 13 juin 2003, réprimant les Mutilations Génitales Féminines.

Aussi, pour renforcer cet arsenal juridique et accélérer l’élimination des Mutilations Génitales Féminines dans notre pays, le Gouvernement a-t-il soutenu activement et sans réserve l’adoption de la Résolution 67/146 de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur l’Interdiction mondiale des Mutilations Génitales Féminines, votée le 20 décembre 2012 ».

Pour le Président Bazoum, « le combat pour l’émancipation sociale des filles n’est pas une question morale qui doit être l’affaire des militantes féministes ou même des femmes de façon générale, mais l’affaire de toute la société et des dirigeants au premier chef. Ce combat, nous sommes tenus de le mener non pas pour les filles mais pour l’avenir de notre société qui a besoin de la pleine implication de toutes ses composantes pour son développement. Aussi sa réussite sera-t-elle strictement tributaire de notre aptitude à faire en sorte que les filles jouissent de tous leurs droits et principalement leur droit à l’éducation.

Dans nos pays un enfant non scolarisé ou précocement déscolarisé a toutes les chances d’être un adulte pauvre. Une telle fille en plus de devenir une adulte pauvre, constitue très tôt un foyer de production d’enfants appelés à être à leur tour des pauvres. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de promouvoir un programme de construction d’internats pour les jeunes filles dans les collèges ruraux en vue d’accroître les chances de leur réussite à l’école. L’éducation est le moyen le plus sûr d’arracher les filles à la violence des mariages précoces et des couches dangereuses ».

Avant de conclure, il a rappelé que « Les présentes assises du sommet des Filles Africaines visent à mobiliser notre action autour du thème général de l’année 2021 de l’Union Africaine qui est : « Arts, culture, patrimoine : leviers pour bâtir l’Afrique que nous voulons ».

Comme on peut le constater aisément, ce thème est en parfaite résonance avec le thème spécifique de ce troisième Sommet des jeunes filles Africaines qui est « Culture, droits humains et responsabilité : accélérer l’élimination des pratiques néfastes». C’est un thème qui confirme l’engagement des pays africains à œuvrer solidairement pour le développement humain sur notre continent, en s’appuyant en particulier sur les femmes et les jeunes.

Nous avons donc, à travers cette réunion, l’occasion d’analyser, de suivre et de mieux orienter les actions de nos Etats en matière de protection des Droits Humains des Filles, qui constituent une frange importante de la population dans nos pays.

Cette rencontre constitue également une plateforme de partage de bonnes pratiques, d’exemples de réussite et d’échange d’information pour faire avancer l’action vers l’élimination des pratiques néfastes qui sont, faudrait-il le rappeler, une violation grave des droits fondamentaux des femmes et des filles.

En outre, après le lancement de la Campagne de l’Union Africaine pour mettre fin au mariage des enfants en 2014, le Niger a adopté en 2019 un Plan Stratégique National pour Mettre fin au Mariage d’Enfants pour la période 2019-2021 ».

Auparavant l’envoyée spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies chargée des questions de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, Mme Najat Maalla M’Jid a félicité le Niger pour la qualité de l’organisation de ce Sommet. Parlant des violences faites aux femmes et aux jeunes filles elle a souligné que dans le monde plus de 30 millions des filles en sont victimes. Pour lutter contre ces violences elle a évoqué cinq messages clés. « Mettre fin aux pratiques néfaste est une urgence ; mettre fin aux pratiques préjudiciables est possible ; mettre fin aux pratiques néfastes c’est un investissement continue ; mettre fin aux pratiques néfastes ne fait pas attendre ; les enfants et les filles sont un secteur puissant de développement ». Elle a relevé que dans les pays du Sahel et en Afrique, environ 20 millions des filles soit 7 filles sur 10 sont victimes de mariages précoces.

Pour sa part, Mme Amira Alphadil commissaire de l’Union africaine en charge de la Santé, des Affaires Humanitaires et de développement a salué également l’engagement du Président Mohamed Bazoum à promouvoir l’éducation de la jeune fille. Elle a exprimé la nécessité d’accélérer la lutte contre les violences à l’égard des femmes et des jeunes filles et invité les différents acteurs, les partenaires au développement à accorder une attention particulière à la scolarisation de la jeune fille. Mme Amira Alphadil a réitéré l’engagement et la disponibilité de la Commission de l’Union Africaine à accompagner les pays et à prendre toute initiative en vue de soutenir les actions pour lutter contre les violences et les pratiques néfastes contre les filles.

Quant à la Ministre de la promotion de la Femme et de la Protection de la Femme, Mme Allahoury Aminata Zourkaleini , elle a salué les pays et les différentes délégations pour avoir fait le déplacement de Niamey.

 Par Tamtaminfo News

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