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ACTUALITE - CONTRIBUTIONS - 1 mai 2021

« L’éducation ne doit pas être une affaire des enseignants et de l’Etat. C’est une affaire de toute la société », déclare le Président de la République, SE Mohamed Bazoum.

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Le Président de la République chef de l’Etat, SE Mohamed Bazoum, a rencontré hier, au Centre International des Conférences Mahatma Gandhi de Niamey, les Partenaires techniques et Financiers et les Partenaires Sociaux pour une présentation de la Politique Educative au Niger.

Il s’agissait pour le Président Bazoum de décliner ses réflexions afin de faire en sorte que « que notre école sorte de la situation dans laquelle elle est aujourd’hui ».

Mais avant de nous appesantir sur le contenu des réflexions présidentielles, jetons froidement un regard sur les tares de l’école nigérienne.

« Au Niger, selon un rapport de la Banque Mondiale, moins de 30% des enfants en âge d’aller à l’école (5 à 14 ans) ne sont pas scolarisés. En outre, ceux qui vont à l’école ne reçoivent pas une éducation de bonne qualité et n’acquièrent pas suffisamment les connaissances et les compétences dont le marché du travail a besoin ». 

Baisse drastique du niveau des élèves, enseignants contractualisés et clochardisés, corruption généralisée, diplômes au rabais. Pire le niveau d’un élève du CM2 des années 60 dépasse largement celui d’un licencié d’aujourd’hui et les étudiants qui étaient parmi les meilleurs à l’extérieur sont devenus carrents. 

Ce mal-être de l’école nigérienne est consécutif au cynisme des programmes dits d’ajustement structurel imposé par les institutions de Brettons Woods sur le secteur de l’éducation. En exigeant dans les années 90 la mise en retraite anticipée des enseignants et autres cadres expérimentés des secteurs vitaux aux conditions d’obtention de la dette, Le FMI et la Banque Mondiale, ont cassé l’élan des États africains. Et le peu d’intérêt accordé à l’école nigérienne par les responsables politiques depuis la conférence nationale souveraine a accentué cette descente aux enfers.

Aujourd’hui, nous avons une école malade, agonisante et sans repères. C’est pourquoi, le Président de la République, Chef de l’Etat, enseignant de formation a décidé de prendre sous sa responsabilité directe la gestion de l’éducation au Niger.

En effet, dans son speech lors de la rencontre avec les partenaires, il a relevé que « Les différents rapports relèvent une faiblesse constante des taux bruts de scolarisation et du maintien dans le système scolaire, la faible scolarisation de la jeune fille, le niveau de formation souvent inapproprié des enseignants et des enseignantes, l’éloignement des écoles en zones rurales et nomades, les curricula inadaptés, l’insuffisance des infrastructures éducatives, les méthodes pédagogiques et les outils didactiques inadaptés. Tout cela est aggravé malheureusement aujourd’hui par le contexte sécuritaire qui a provoqué la fermeture de nombreuses écoles en certaines régions de notre pays.

Je voudrais vous inviter tous à prendre la mesure de ces défis, à vous mobiliser afin que le Niger puisse réaliser des avancées significatives dans le sens de l’objectif N° 4 des ODD consistant à assurer l’accès de tous à une éducation de qualité sur un pied d’égalité et promouvoir des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. »

Le Président Bazoum a décliné sa stratégie de sauvegarde et de relance de l’école nigérienne en plusieurs axes prioritaires. Il s’agit entre autres en Axe 1 de l’Accroissement des capacités d’accueil des établissements scolaires des centres de formation professionnelle et des universités ; l’Axe 2 Scolarisation de la jeune fille, l’Axe 3, Développement du capital humain: Former les enseignants, améliorer leur condition de travail, promouvoir leur carrière, relever leur niveau de qualification et l’Axe 4 Gouvernance du système : mesures d’ordre institutionnel, de ressources humaines, matérielles et financières.

Pour parler terre à terre et revenir au discours présidentiel,  « Il s’agit, entre autres, de la réactualisation et de la rationalisation de la carte scolaire ; la poursuite de la construction et de la réhabilitation des infrastructures scolaires, l’idée étant, comme vous le savez, que nous disposons de modèles de construction de classes, qui allient faiblesse de coûts et qualité, de façon que nous en terminions avec les situations éprouvantes comme celles que nous sommes en train de vivre à travers ces incendies qui sont provoqués sur les classes paillotes et qui ont débouché sur le drame du quartier Pays Bas de Niamey ; la professionnalisation et le renforcement des capacités du corps enseignant. C’est est une question importante chargée des plus grands enjeux sur laquelle je vais insister afin que nous réfléchissions très sérieusement pour promouvoir une réforme qui nous donne la clé de nature à nous permettre d’améliorer notre système scolaire. J’en appelle aux syndicats pour que leurs contributions soient des plus pertinentes; l’amélioration et l’adaptation des curricula pédagogiques. C’est une autre question à enjeux très forts; une supervision plus rigoureuse de l’enseignement privé; l’implication des communautés dans la réalisation et la réhabilitation des infrastructures scolaires et éducatives; le renforcement des programmes d’alphabétisation des adultes; la mise en place d’un programme de récupération des enfants déscolarisés. Aujourd’hui, nous allons commencer la réflexion sur le secteur de l’éducation, entendu au sens de l’enseignement général. Nous aurons une rencontre similaire sur l’enseignement technique et la formation professionnelle, parce que nous investissons beaucoup d’argent dans l’enseignement professionnel, mais, comme dans l’enseignement général, nous avons très peu de résultats, et cela est encore moins compréhensible.

Je saisis l’occasion pour appeler les Associations de Parents d’Elèves et tous les autres partenaires à être plus présents dans l’éducation, à accompagner l’Administration et les enseignants dans la prise en charge éducative des enfants ».

En conclusion le Président Bazoum a indiqué que « L’éducation ne doit pas être une affaire des enseignants et de l’Etat. C’est une affaire de toute la société. Et nous devons trouver les formules qui nous permettent de mettre en place les modalités d’une implication encore plus consistante des communautés. 

Ainsi, des consultations et des réflexions seront engagées afin de rétablir l’enseignant dans son autorité et ses prérogatives.

Dans le même sens, les enseignants, bien sûr en retour, doivent faire preuve d’exemplarité et de déontologie afin que notre système éducatif soit efficace dans ses objectifs et dans ses résultats.

J’ai demandé à Monsieur le Premier Ministre de veiller à ce que l’organisation des examens et concours fasse l’objet d’attention et de soins très particuliers afin de renforcer la crédibilité des diplômes, la crédibilité de notre système d’enseignement, tout simplement.

Sur cette question, nous prendrons des mesures qui ne laisseront pas place à quelque aléa que ce soit ».

Par Ibrahim Aghali (Web Contributeur) Tamtaminfo News

3 Comments

  1. Bien dit Mr le Président l’éducation ne pas seulement l’affaire des enseignants mais plus une affaire de nous touse. L’éducation Nigérien convient de nous touse les Nigérien

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