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Les conditions non négociables d’une reprise des relations avec le Bénin

Les conditions non négociables d’une reprise des relations avec le Bénin

Monsieur le Chef l’État, Président de la République du Niger,  Président du CNSP, permettez nous de vous faire part des préoccupations pressantes des opérateurs économiques de notre pays à partir du port autonome de Cotonou avant et après les événements du 26 juillet 2023 .

Avant cette date :

– Premièrement les compagnies maritimes ;
– ⁠les manutentionnaires ;
–  Atral le port sec d’Allada;
– ⁠la douane béninoise ;
– ⁠Benin contrôle : ce sont les services qui intervenaient dans l’acheminement de nos marchandises à destination du Niger.

– ⁠S’agissant des compagnies maritimes, elles sont les consignataires et représentantes des armateurs. En règle générale leur rôle consiste à s’occuper des conteneurs des ports d’embarquement, aux ports de déchargement. On peut citer notamment Maersk, Pil Bénin , Msc Bénin, Oma Bénin, Arkass Bénin, Cosco Bénin. C’est à leur niveau que les documents sont présentés pour commencer les formalités douanières à travers l’échange documentaire. À partir de 2016, chaque année, les frais relatifs aux formalités augmentent considérablement.

– ⁠Depuis les événements historiques du 26 juillet 2023 suivie de la fermeture de la frontière du Bénin intervenue le 30 juillet 2023, ces compagnies ont trouvé une opportunité de se remplir les caisses même si les nigériens n’importent plus de marchandises. Elles ont procédé à des sur- facturations effarantes sans tenir compte des relations de travail et de partenariat qui existent entre elles et les importateurs nigériens, comme si demain, elles n’envisageraient plus de reprendre ces  » relations » si la situation se normalise.

Conséquences : les surestaries étaient calculées en cascades en trois tranches et les montants diffèrent d’une compagnie à une autre. Ces frais sont souvent appelés , frais de détention des  conteneurs parce que qu’au delà de 11 ou 21 jours, vous êtes en surestarie. La supercherie est telle qu’aujourd’hui, personne ne peut dire le montant exact imposé à nos opérateurs économiques nigériens durant cette période de fermeture des frontières. Et ce, malgré une mission conduite par le CNUT et la Chambre de Commerce de notre pays pour demander une réduction de ces frais faramineux. Une réduction d’ailleurs inutile, car c’est comme donner d’une main et reprendre de l’autre. Ainsi , en procédant à une telle réduction, une augmentation est aussitôt constatée du côté des Séjours pour servir de base de calcul.

– ⁠En ce qui concerne le manutentionnaire, actuellement, le port de Cotonou dispose d’un seul manutentionnaire actif à Bénin Terminal qui s’occupe des déchargements et des transferts des conteneurs jusqu’à son terminal de regroupement. Depuis la décision prise par la CEDEAO de fermer les frontières avec le Niger, cela a accentué une augmentation des navires d’où un dépassement des capacités d’accueil des conteneurs. Certains conteneurs sont abandonnés tout simplement à ciel ouvert sans aucune maîtrise de leur position ni de localisation. Ainsi, à l’expiration des autorisations accordées, il est procédé aux renouvellements des surestaries et du gardiennage. Or, normalement le gardiennage concerne uniquement le manutentionnaire, de ce fait que l’opérateur dispose de 8 jours à partir de la date de la marchandise jusqu’à la sortie des jours de franchise. Passé ce délai, il y’a paiement des frais.
Le paiement se fait comme suit :
•Première tranche 858 frs pour 5 jours hors taxes.
•Deuxième tranche 1715 frs/5 jours hors taxes.
• Troisième tranche 3480 Frs/jour hors taxes.
De ce fait, compte tenu du long séjour ou disons du séjour prolongé des conteneurs de marchandises, seule une réduction de 25% du gardiennage a été accordée . A noter que les frais de renouvellement n’ont pas été remboursés. Dans le désordre ainsi créé, le manutentionnaire n’arrive même plus à localiser les conteneurs de nos compatriotes nigériens au niveau du port sec de Allada pour le dépotage. C’est pour dire que des mois et des mois des frais supplémentaires sont payés sans que le service soit rendu ou fait.

Concernant Atral qui est une société de manutention et de transit disposant d’un port sec à Allada. Sur une distance de 50 km, une fois les formalités terminées,les documents sont transférés à Atral pour les transferts des conteneurs du port autonome à Allada. Les montants des transferts sont les suivants :
-190.000 frs pour les conteneurs de 20 pieds ;
-250.000 frs pour les conteneurs de 40 pieds.
A l’évidence ceci coûte extrêmement cher. A titre indicatif, à la date de la fermeture des frontières c’est à dire le 30 juillet 2023, il y’avait au port sec d’Allada 371 conteneurs et 171 camions chargés de marchandises à destination du Niger. Malheureusement, toutes les tentatives ont été vaines pour sortir les marchandises déjà chargées.
C’est seulement quand les douanes béninoises étaient à court d’argent, qu’elles ont autorisé certains opérateurs à passer par le Burkina Faso. Pour les 371 conteneurs, les béninois ont fait payer surestarie, gardiennage et repositionne ment. J’ose affirmer qu’.Allada port sec est l’empire même des faux frais que rien ne justifie. Du reste, le chef de cet empire, un certain Moctar, est un filleul du Président Patrice Tallon.

En plus du traumatisme subi par nos opérateurs économiques, ils ont tous ont préféré payer ces frais dans l’espoir  de s’en sortir.

Autre préoccupation majeure ! les douanes béninoises.

Depuis 2016 chaque jour que dieu fait, les taxes augmentent et certaines sont créées afin de remplir les caisses du trésor de l’Etat Béninois.
La dernière trouvaille est la taxe RSC (redevance sur la Sécurisation du Corridor) soit 0, 005% de la valeur de la marchandise.  En ce qui concerne les marchandises, malgré les factures des fournisseurs qui font foi, les douanes béninoises appliquent leur propre fichier valeur. Pour illustrer mes propos, le riz c’est 300.000 frs la tonne et un conteneur d’huile à 15.700.000 frs, les spaghetti à 7.000.000 frs le conteneur. Le paiement est automatique sur BFU ( Bordereau des Frais Uniques). Le plus choquant et paradoxal, c’est quand vous vous faites voler un camion de marchandises, les douanes béninoises vous calculent les droits de dédouanement et sur la valeur résiduelle du camion, sans compter une amende selon la qualification de l’infraction, faute de quoi, vous êtes déposé à la prison civile (emprisonnement).

Cependant le réseau de voleurs est connu dans le champ d’action du port sec d’Allada à Dassa.

Terminons avec cette autre supercherie de Benin Contrôle, une société privée créée par Patrice Talon lui-même pour continuer à arrondir ses fins de mois. Elle prétend se charger du scanner et du tracking des marchandises. Pour le scanner on paie sans la fourniture du service. La société procède à un échantillonnage. Le tracking permet de localiser les camions le long du trajet, pour éviter les soustractions frauduleuses de marchandises. Le coût est de 100 000 Frs par camion depuis environs 7 ans, ce qui pourtant n’empêche aux camions de s’égarer et entraîner des fâcheuses conséquences.

Monsieur le Président de la République, Chef l’État, Président du CNSP, Général de Brigade, Abdourahmane TIANI,
voici succinctement présenté à votre attention, les préoccupations majeures qui étouffent nos opérateurs économiques et conséquemment notre économie au port Bénin.

A mon humble avis de patriote sincère attaché aux idéaux de la sauvegarde de la patrie, la suppression de toute la batterie de ces taxes superflues doit être la condition sine qua non de toute reprise des relations de coopération ou d’amitié avec les autorités actuelles de la République du Bénin.

Dieu vous garde et bénisse !
Vive la République du Niger !

Je vous remercie.

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