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ACTUALITE - CONTRIBUTIONS - Politique - 28 juin 2017

L’opposition joue la carte de l’union

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Manifestation contre le programme présidentiel, le 4 mars, à Niamey

Créé en août 2016 après le ralliement du MNSD-Nassara à la majorité présidentielle, le FRDDR, qui
rassemble une dizaine de formations, surfe sur la vague du mécontentement populaire.

« Ils nous ont fait déguerpir pour construire de beaux hôtels qui profitent aux investissements de leurs amis. » En quelques mots, Adamou, qui tenait un petit kiosque de téléphonie mobile au grand marché, a résumé le sentiment de colère de certains habitants de Niamey.

La violence avec laquelle les autorités ont remis de l’ordre dans le centre de la capitale nigérienne, dans le cadre du programme de rénovation « Niamey la coquette », a été vécue comme une injustice.

Il ne restait plus à l’opposition qu’à tendre la main pour en récolter les fruits. Entre février et mars, plusieurs manifestations organisées parles principaux partis qui la représentent et par des membres de la société civile ont rassemblé des milliers de personnes pour dénoncer pêle-mêle lamauvaise gouvernance, les difficultés du secteur éducatif et la présence des bases militaires étrangères. Un premier test réussi à l’heure de mobiliser les troupes et de compter les partisans.

« Les gens en ont globalement marre », confie le député Soumana Sanda, vice-président du Moden Fa Lumana Africa, du populaire ex-candidat à la présidentielle Hama Amadou. « Que ce soit les commerçants, les professeurs, les étudiants, tout le monde est en difficulté. Avec Issoufou, il n’y a que des investissements de prestige, qui ne profitent pas à la population mais à de petits intérêts privés. Alors qu’il continue, carl’opposition avance unie, et nous ferons front ensemble en 2021. »

Unie ? Pas tant que ça depuis que le Mouvement national pour la société du développement (MNSD-Nassara), de Seini Oumarou, a rejoint la majorité présidentielle. À l’époque, cela avait été vécucommeuncoupdemaîtrede lapart du président Issoufou dans sa stratégie de division du camp adverse.

Mais, dans la foulée, la création à la fin d’août 2016 du Front pourla restauration de la démocratie et la défense de la République (FRDDR) la nouvelle coalition qui regroupe une dizaine de formations, dont le Moden Fa Lumana etle Mouvement nigérien pourle renouveau démocratique (MNRDHankuri)  a permis de clarifier le jeu politique au Niger « pour repartir sur de nouvelles bases et de bonnes bases », selon les propresparolesduleaderdupartiUDFPSawaba, Mounkaila Sanda. Lentement, l’opposition s’organise, de réunions plus oumoins secrètes enmarches de contestation plus ou moins suivies, quand elles ne sont pas purement et simplement interdites.

« C’est une véritable vague », renchérit Soumana Sanda. « Une bonne partie des acteurs de la société civile adhère à nos préoccupations.

Les voix de certains leaders, et non des moindres, tardent à se faire entendre.

Mieux, avec la violation répétée des lois de la République, des petits partis non affiliés ont décidé de menerla lutte avec nous. » Pourtant, les voix de certains leaders de l’opposition, et non des moindres, tardent à se faire entendre. Si Hama Amadou, pris dans des démêlés judiciaires,reste très discret depuis son exil parisien, plus étonnante est l’attitude de l’ancien président Mahamane Ousmane (1993-1996), qui semble se terrer dans le silence des murs de sa grande villa « forteresse ».

À 67 ans, celui que beaucoup considèrent comme le seul opposant de taille capable, après Hama Amadou, de s’imposer en 2021,refuse les interviews. Une attitude trop prudente, qui contraste avec la personnalité charismatique du quadra Moussa Tchangary. À force de présence dans les manifestations, de discours sur les ondes de sa radio, Alternative FM, l’homme donne l’impression de se construire lentementune étoffede leader révolutionnaire à laThomas Sankara,qui trouve uncertain écho,notamment dans le cœur d’une jeunesse de plus en plus dubitative face à une classe politique vieillissante.

[author ]FRANÇOIS-XAVIER FRELAND (Jeune Afrique)[/author]

 

3 Comments

  1. Mon œil en quoi Tchangari peut même atteindre la cheville de Sankara. Équilibré vos jeux est bon, mais faire la confusion est mauvais.

  2. DIFFICILE DE COMPRENDRE TCHANGA SUR CE COUP CAR JE NE VOIS PAS EN QUOI L INSURRECTION ETHNIQUE MISE EN OEUVRE PAR LA SECTE SATANIQUE DITE LUMANA ET SA SOCIÉTÉ CIVILE ETHNIQUE LE CONCERNENT!!!! AS T IL MANGE DANS LES MAINS DU GOUROU PUTSCHISTE HAMA???

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