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NIGER : DES PARTIS POLITIQUES COMME S’IL EN PLEUVAIT… !

Niger, 147 partis politiques légalement reconnus, 21 en instance de l’être ; Côte d’Ivoire 130 partis politiques, Burkina Faso 103, Mali 94, Sénégal 77, Togo 68, Guinée 46, Nigéria 41, Benin 28, Libéria 22, Ghana 10, … C’est clair, notre pays avec ses 18 habitants au km2, décrit régulièrement comme « le plus pauvre » en ceci et « le dernier » en cela, est encore en pole position, pour décrocher un autre « prestigieux triste record », celui de l’espace politique « le plus densément peuplé » d’Afrique !  

 Trop plein de liberté ?

Le rythme et la facilité avec lesquels sont créés les partis ces derniers temps, posent en effet beaucoup d’interrogations et même d’inquiétudes. Nombreux sont en effet les analystes qui attirent quotidiennement l’attention de l’opinion nationale sur l’inflation grandissante de l’offre politique dans leur pays, sans que cela ne s’accompagne d’une réelle transformation de la classe politique, ni dans sa « qualité », encore moins dans ses pratiques. Qu’à cela ne tienne ! Les partis politiques continuent de naitre comme s’il en pleuvait au Niger.

Qu’est-ce qui expliquerait alors cet intérêt si démesuré des nigériens pour la chose politique ? Bonne ou mauvaise chose pour le pays ? A priori, rien n’explique la pléthore des partis politiques au Niger, un pays très intégré qui compte moins d’ethnies et de tribus que les autres, si l’on considère qu’en Afrique, les formations politiques épousent, le plus souvent, les contours ethniques et régionalistes de leurs pays.

Par contre, une chose est très sûre, le législateur nigérien n’a rien vu venir de ce côté pour anticiper sur la saturation de l’espace politique. En effet, il est clairement dit, dans tous les textes constitutifs du pays, qu’un parti politique est une « association ». Comme tel, on peut donc le « créer sur le papier », avant de le justifier sur le terrain. Un boulevard de liberté qu’empruntent triomphalement tous ceux qui ont été « chassés » de leurs partis pour « indiscipline » ces derniers temps.

Mauvais indicateur…

« Si pour un oui ou pour un non, chacun se permet de créer son propre parti politique, la démocratie véritable risquerait de prendre un coup », s’indigne sur sa page FB Tondi Gawèye, un opposant politique proche de Hama Amadou. « C’est de la business-démocratie », scandent horrifiés les internautes nigériens sur les réseaux sociaux. En réalité, comme le souligne Issoufou Boubacar Kado Magagi, analyste économique, dans l’une de ses dernières publications, « la politique est considérée comme une rente par une certaine catégorie de personnes… Il y’a lieu de repenser notre manière de faire de la politique ».

Sur ce point, l’unanimité est donc faite : La pléthore des partis politiques est un indicateur qui traduit la mauvaise santé physique et mentale de la démocratie nigérienne. Sur le plan physique le diagnostic est connu : les partis nigériens se caractérisent par un « fort taux de fécondité ». L’absence de démocratie interne engendre des crises successives qui débouchent régulièrement sur des exclusions et la naissance de nouveaux partis politiques. Ainsi, des formations comme le MNSD, la CDS ou le PNDS, créées simplement il y’a une trentaine d’années, ont engendré « des enfants » qui à leur tour, ont engendré « des petits enfants » !

Sur le plan mental, l’on constatera que plus de 90% des partis politiques ont été créés sur des bases purement subjectives : C’est soit parce que le ou les leaders sont exclus ou mis en minorité quelque part (la revanche), soit parce qu’on veut « accéder à la table ou se partage le gâteau national » (l’intérêt personnel), soit parce qu’on ne veut pas « suivre les ainés » (indiscipline), soit parce qu’on a « rêvé » d’être Président de la République (égocentrisme), bref parce que le « JE », est plus prépondérant que le « NOUS » chez l’homme politique nigérien. Dans tous ces scénarios, il n’y a naturellement aucune place pour l’intérêt national.

Voilà qui explique pourquoi la politique tire le pays vers le bas, plutôt que de l’enrichir !

Par El Kaougé Mahamane Lawaly, Le Souffle de Maradi

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