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ACTUALITE - CONTRIBUTIONS - 10 juin 2021

RENCONTRE ENTRE LE PRESIDENT ET LA SOCIETE CIVILE : SEM MOHAMED BAZOUM POSE LES BASES D’UN VERITABLE DIALOGUE POUR PROMOUVOIR L’INTERET EXCLUSIF DU PEUPLE

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Fidèle à sa politique de dialogue avec l’ensemble des couches sociales de notre pays le Président de la République, Chef de l’Etat, SE Mohamed Bazoum a rencontré le lundi, 07 Juin 2021 les représentants de la société civile dans toute sa diversité, une rencontre hautement chargée de symbole entre le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Bazoum et les représentants de la société civile.

Les différentes structures de la société civile légalement reconnues étaient conviées à cette rencontre avec le Président de la République en raison d’un représentant par structure et cela sans distinction ou discrimination aucune.

 Dans un langage clair, direct, sincère et précis le Chef de l’Etat a exprimé sa gratitude à l’assistance d’avoir répondu présente à son invitation. Il a indiqué qu’il est très rare de voir l’ensemble des responsables de la société civile se réunir comme aujourd’hui.

Tous les pans de la société civile y étaient et ils n’ont pas été déçus, le Président de la République, toujours pragmatique, dans son légendaire franc – parlé assorti de l’amour de la patrie a, dans ses propos liminaires, après avoir rappelé et souligné les missions de la société civile, demandé à ses représentants de l’aider dans la promotion d’une gouvernance vertueuse notamment dans la lutte contre la corruption et les infractions assimilées.

« Je veux qu’à l’occasion de cette rencontre d’aujourd’hui, nous ayons un bon échange sur ce que doivent être les rapports entre le Gouvernement et la Société Civile. Je vais écouter ce que vous me direz sous forme des attentes qui sont les vôtres. Je vais vous dire aussi ce que sont nos attentes, à nous, vis-à-vis de la Société Civile ». 

Donnant sa vision et sa définition de la société civile, son rôle et son importance au Niger, le Président Bazoum a rappelé les différents droits de la société civile, comme celui de la liberté d’association, le droit de fonctionner librement sans ingérence injustifiée de l’État, la liberté de presse et d’expression, de communication et de coopération, le droit à la liberté de réunion pacifique, de solliciter et d’obtenir des ressources et enfin le devoir de protection de l’État, etc.

Il n’a pas manqué non plus de rappeler le devoir de l’État qui est celui de promouvoir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, l’obligation de protéger les droits de la société civile.

 Le Chef de l’Etat a réitéré face aux acteurs de la société civile son engagement de collaborer avec eux pour le développement du pays. C’est ensemble qu’on peut protéger les démocraties et instaurer durablement la pratique d’une bonne gouvernance dans toute sa globalité.

Evoquant le rôle combien important des alerteurs et de dénonciateurs avérés, pas de délateurs, le Président Bazoum a souligné que : « Nous avons besoin d’acteurs qui jouent le rôle de sentinelle, d’alerte, de dénonciation, de rappel à l’ordre. Nous avons besoin de vous dans le combat contre la corruption et la concussion. J’ai besoin que vous me donniez la main ; j’ai besoin d’acteurs qui nous aident pour extirper notre société de mauvais comportements ».

Devant l’assistance, le Président Bazoum a réaffirmé avec forte conviction « Je conçois la Société Civile comme un acteur qui a un rôle très important pour la vitalité de notre démocratie, de par sa fonction qui consiste à alerter les pouvoirs publics et à les dénoncer, aussi, le cas échéant. 

L’alerte est un moment important dans la le rôle de la Société Civile. La dénonciation est un autre moment important qui est aussi une forme, pour ainsi dire, de dialogue avec le Gouvernement.

La Société Civile doit alerter sur la gouvernance et doit dénoncer quand il y a un dérapage ou quelque chose qu’elle considère comme tel. Nous avons besoin d’acteurs qui jouent ce rôle de sentinelle parce qu’en effet, la tendance spontanée des humains, malgré toutes les mesures qu’ils peuvent prendre pour l’autocontrôle, c’est d’en faire fi et de passer des lignes que la Société Civile devrait être là pour les indiquer en disant attention, vous êtes en train de passer une ligne. Vous n’en avez pas le droit.

De même que le pouvoir est conçu devant être exercé dans le cadre d’un régime qui prévoit une opposition politique, de même la démocratie est inséparable du principe de l’existence d’acteurs dont la fonction est justement de rappeler à l’ordre. C’est une nécessité absolue qui est consubstantielle à l’exercice du pouvoir démocratique.

Nous ne concevrons jamais et nous n’avons jamais conçu la façon pour nous de gouverner comme n’étant pas compatible avec l’existence d’acteurs tels que vous êtes, tels que vous prétendez être. Bien au contraire, nous concevons, et ça depuis que nous sommes engagés dans le combat pour promouvoir la démocratie.

Nous concevons qu’il y a une place pour des acteurs comme vous, qui ne sont pas des acteurs politiques, qui n’ont pas vocation à conquérir le pouvoir et à l’exercer, mais qui ont une vocation très précise de sentinelle, pour critiquer et pour dire ce qui se fait, ce qui se fait en bien et ce qui se fait en mal.

Vous êtes aussi un acteur dans le combat pour la promotion de la liberté d’expression. Vous êtes aussi un acteur dans le combat pour la promotion de la bonne gouvernance, le respect de la justice, pour le respect des règles instituées par la constitution et l’état de droit ».

En conclusion le Chef de l’Etat a indiqué que : « Vous avez écouté mon discours d’investiture. Je sais qu’il y a un certain nombre de pratiques qui ne sont pas bien pour notre société. Nous les avons combattues comme nous avons pu, mais nous ne sommes pas satisfaits des résultats que nous avons atteints. Et nous voulons que vous nous aidiez à améliorer davantage notre gouvernance. Nous voulons que nous soyons cités parmi les pays d’Afrique qui promeuvent le plus la bonne gouvernance, qui sont efficaces dans leur lutte contre la corruption.

Ce combat n’est pas facile. Je puis vous le dire. Ça n’a jamais été notre volonté mais qui a pu être défaillante. Ce sont les moyens peut-être, qui n’ont pas été à la hauteur des exigences de ce combat-là.  Mais je voudrais, avec vous, désormais entretenir une relation sans que j’aie quelque préoccupation de type vraiment populiste juste pour vous faire plaisir ou pour abuser de l’opinion. Non. J’ai besoin d’acteurs qui nous aident pour que nous puissions extirper de notre administration tous les mauvais comportements. Si la Société Civile peut être utile dans ce combat, vraiment, je souhaiterais qu’elle nous aide également ». 

L’occasion a été donc donnée aux « grandes gueules » et autres donneurs de leçon d’exprimer en face de l’autorité suprême toutes leurs préoccupations et leurs attentes. Ils ont dorénavant une oreille attentive, ils doivent désormais dénoncer les travers, mais en important des preuves irréfutables et non plus se lancer dans des dénonciations calomnieuses et qui portent gravement atteinte à l’honneur des paisibles citoyens.

En effet, après plusieurs années de bras de fer, d’invectives, d’arrestations, emprisonnements et autres brimades, l’heure a été hier aux échanges directs et constructifs. L’essentiel étant de mieux canaliser toute cette énergie à la construction du pays.

Ces propos liminaires ont laissé place à des interventions de plusieurs représentants de la société civile qui avaient porté sur, la cohésion sociale, les péripéties qui caractérisent le régime d’autorisation des associations au Niger, les questions foncières, la promotion des droits des femmes et des personnes en situation de handicap, la justice sociale et la primauté du droit.

Pour le Secrétaire Général de l’Association Alternative Espaces Citoyens, M. Moussa Tchangari, le Président a engagé un processus de discussions avec la société civile, c’est bien. Mais, nous voulons un espace pour parler des revendications. Nous espérons plus que ça. Nous avons des lois liberticides qui sont encore en vigueur dont nous demandons leur abrogation. Le cadre légal de la société civile doit être revu. Nous devons parler du problème de la gestion des ressources du pays et le problème de la justice qui fait partie des réformes à faire. Nous attendons des actes concrets.

Quant à la présidente de la Coordination des Organisations Non-Gouvernementales et Associations Féminines du Niger (CONGAFEN), Mme Kako Fatima, elle s’est dit très satisfaite de la rencontre avec le Président de la République qui nous a tendu la main pour pouvoir l’aider à développer le pays, pour lutter contre la corruption, les inégalités, promouvoir les politiques énergétiques locales, l’éducation etc. C’est vraiment une rencontre aussi de consultation sur les voies du progrès de la société civile vers plus d’efficacité dans la décision locale.

Prenant acte des contributions des intervenants et instruisant derechef le Premier Ministre et le ministre de l’intérieur quant aux péripéties qui caractérisent les autorisations de certaines associations, le Président de la République a informé les représentants de la société civile de la situation réelle s’agissant de la sécurité, du système éducatif et de la scolarisation de la jeune fille. Dans un langage franc et sincère, le Président de la République avait décliné les éléments qui caractérisent sa volonté politique inébranlable à sécuriser les citoyens et le territoire national, à faire de l’école publique, un véritable ascenseur social et garant des droits de la femme et à lutter contre la corruption et les infractions assimilées. Pour réussir ce combat très difficile, le Président de la République tend sa main aux représentants de la société civile qui l’ont écouté avec grand intérêt et avec des oreilles attentives.

La sincérité, l’amour de la patrie et le sens élevé de l’Etat, qui ont caractérisé les propos du Président de la République tout au long de cette rencontre, ont marqué les représentants de la société civile qui cachaient à peine leur satisfaction à la sortie de la rencontre. Il revient donc au Président de la République de susciter cet accompagnement des représentants de la société civile en inscrivant ses actes et paroles qui promeuvent l’intérêt général dans la durée.

La balle est à terre à présent, aux différents acteurs de mieux s’en servir.

Par Ibrahim Aghali (Web contributeur) Tam-tam info News

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