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Retrait du permis d’exploitation de la mine d’Imouraren à Orano: Fin du dilatoire de la France sur les ressources naturelles du Niger

Retrait du permis d’exploitation de la mine d’Imouraren à Orano: Fin du dilatoire de la France sur les ressources naturelles du Niger

Si d’antan, on octroyait à ces géants groupes européens des licences de 40 à 50 ans sur l’exploitation des ressources naturelles au Niger, aujourd’hui, cette pratique nauséabonde est révolue à jamais ! Ainsi, comme un couperet, ce Jeudi 20 juin 2024, les autorités militaires du Niger ont révoqué le permis d’exploitation de la mine d’Imouraren à Orano (ex-Areva) après deux mises en demeure consécutives dont la dernière était échue ce 19 juin 2024 passé.

Evaluée à 200.000 tonnes la mine d’Imouraren, dans le nord-est du pays, est considérée comme l’un des gisements les plus importants au monde. Il a été adressé à Orano une mise en demeure, le 18 mars 2024 par les autorités militaires, lui ordonnant de commencer les travaux d’exploitation du site d’Imouraren dans un délai de trois mois sous peine d’un retrait du permis. Faisant sourdes oreilles comme à son habitude et se croyant en terrain conquis, le géant français n’a pas bougé d’un iota. Cette attitude condescendante de Orano a amené le Niger à prendre son destin en mains en retirant tout simplement le permis qui lui a été accordé dans le cadre de l’exploitation de la mine qui dont le démarrage des travaux devait intervenir en 2011. Attribué en 2009, il y a 15 ans, la licence d’Imouraren tombe désormais dans le domaine public de l’Etat nigérien.

En effet, le Groupe Orano dit prendre acte de cette décision, à contre cœur certainement du moment que le pactole des tonnes de Yelow cake provenant du Niger s’élevait à 1130 tonnes en 2023. Au surplus de tout ceci, il faut savoir que la « France, pays le plus nucléarisé par habitant au monde, a des besoins importants de combustible pour alimenter son parc de 56 réacteurs. Elle figurait en 2023 au 3e rang des plus grands consommateurs, avec plus de 13% des besoins mondiaux, derrière les Etats-Unis et la Chine, selon Cyclope. »

Par conséquent, cette décision de retrait du permis à Orano va créer un gap considérable dans l’approvisionnement en uranium des pays de l’Union européenne et particulièrement de la France qui est restée pendant plus de 50 ans le seul maître à bord. Cette mesure sonne comme un signal fort à tous les partenaires du Niger que dorénavant, les autorités en pace n’accepteront plus aucun laxisme ou indifférence face aux intérêts du Niger et de son peuple.

Entre 2005 et 2020, le Niger a été le troisième fournisseur d’uranium naturel à la France, pour 19% de ses approvisionnements, derrière le Kazakhstan et l’Australie et devant l’Ouzbékistan, selon des données de l’agence d’approvisionnement d’Euratom (ESA). Même si la France ne va pas ressentir l’impact de ce retrait de permis d’Imouraren sur le court terme, à en croire les experts français,  il faut préciser que les ressources se raréfient et la mine d’Arlit qu’exploite actuellement Orano dont la manne est en voie d’extinction.

Au demeurant, le Niger représente 4,7% de la production mondiale d’uranium naturel, selon l’ESA (Euratom Supply Agency). En 2022, environ un quart de l’uranium naturel utilisé par les centrales nucléaires européennes provenait du Niger, le plaçant en deuxième position après le Kazakhstan et devant le Canada. La décision du Niger aura donc avoir des conséquences significatives pour l’industrie nucléaire européenne et mondiale. La réévaluation des conditions d’exploitation des ressources naturelles par le Niger s’inscrit dans une tendance plus large où les pays producteurs africains cherchent à maximiser les bénéfices économiques de leurs ressources. Cette approche pourrait influencer d’autres pays africains à suivre une voie similaire, redéfinissant, du coup, les relations avec les compagnies minières internationales.

Par ailleurs, résolument engagées dans une démarche d’appropriation de la souveraineté nationale, le régime en place ne lésine plus sur les moyens pouvant lui permettre d’affirmer son indépendance et son autonomie sur le contrôle de la gestion des ressources du sous-sol. Dans cette optique, on peut noter également la nationalisation de société d’exploitation des eaux, le suivi minutieux de l’exploitation du pipeline pour le transport du brut, l’inspection ultérieure sur la gestion de la Soraz, le contrôle de l’exploitation des mines d’or, la diversification des partenaires du pays avec l’octroi des nouveaux permis dans une logique gagnant-gagnant tout en préservant que les seuls intérêts du Niger et de son peuple.

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