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ACTUALITE - Economie - 26 janvier 2021

Vibrant hommage mérité a été rendu au Président de la République du Niger…

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Un vibrant hommage mérité a été rendu au  Président de la République du Niger, son Excellence Issoufou Mahamadou, au 58ème  sommet de la CEDEAO, pour son engagement dans le processus de l’intégration économique africain, c’est le Niger qui gagne : quelle réflexion nous suscite cet évènement ?

Le président Issoufou Mahamadou , a été félicité ,  reconnu parmi les grands artisans : de l’avènement de la monnaie commune unique africaine,  ECO de la CEDEAO, et grand champion de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine, la ZLECAF, nous tenterons de faire un survol historique sur la création de la CEDEAO , de la monnaie unique ECO , et les parcours  qui ont jalonné  la création de l’ECO , les obstacles,  l’espoir suscité en Afrique et impact sur la situation socio-économique au Niger .

Dès sa création, en 1963, à Addis Abeba en Ethiopie, l’Union africaine, à l’époque l’Organisation de l’unité africaine (OUA), avait inscrit l’objectif d’intégration économique et monétaire dans son acte constitutif.

De la création de la CEDEAO :

En 1971, suite à l’effondrement du système monétaire international de Brettons Woods, et l’avènement d’un environnement mondial plus instable, le président togolais, Gnassingbé Eyadema et son homologue du Nigeria, le général Yakubu Gowon, avaient entrepris une tournée destinée à promouvoir l’idée d’une intégration sous régionale . Grâce à leurs efforts, en 1975, le traité de Lagos et de la création de la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest avaient vu  le jour. Ce qui avait permis de lancer les bases du processus de l’intégration monétaire.

Les bases du processus de l’intégration monétaire :

Au début des années 1980, les chefs d’État et de gouvernement, de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, avaient  posés  les bases d’un processus d’intégration monétaire.
Au sein des quinze pays membres de la CEDEAO, l’intégration monétaire concerne deux ensembles régionaux  distincts, l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine, L’ UEMOA et la Zone Monétaire d’Afrique de l’Ouest, la ZMAO.


En effet, Créée en 1994, l’UEMOA, l’Union économique et monétaire ouest-africaine, qui a le franc CFA en partage,  regroupe huit Etats membres : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Guinée-Bissau.

Créée en 2000, la ZMAO, la Zone monétaire d’Afrique de l’Ouest, qui compte six pays membres  et qui ont six monnaies différentes : le cédi au Ghana, le dalasi en Gambie, le dollar libérien au Liberia, le franc guinéen en Guinée, le Léone en Sierra Leone et le naira au Nigeria.
Avec son escudo, l’archipel du Cap-Vert est le seul pays de la CEDEAO à n’appartenir à aucune de ces deux grandes zones monétaires.

Suite à la création de la monnaie commune unique, de la CEDEAO, ECO,  le 29  juillet 2019, à Abuja , au Nigeria , par les quinze pays membres de la CEDEAO , une annonce rusée à Abidjan , en Côte d’Ivoire , nous apprenait  la création d’une autre monnaie ECO , créée par le Président français,  Emmanuel Macron et le Président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara .
L’annonce qui a pour regain d’un sabotage, annonce la fin du franc CFA.

Quelle alternative face à l’annonce très rusée d’Abidjan, de la fin du franc CFA, pour la CEDEAO ?

La subordination de la satisfaction aux critères de convergence à la création d’une zone monétaire de la CEDEAO est un faux débat, ce débat doit être dépassé et tendre vers la mise en œuvre de la zone monétaire des États de l’Afrique de l’Ouest, la ZMAO.

Le processus de la création de la zone monétaire des États de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, avait commencé depuis 2000, selon une communication du professeur Moustapha Kassé, en effet, déjà en 2000, les critères de convergence arrêtés ne sont pas éloignés de ceux en vigueur au sein de l’UEMOA. En effet , l’inflation devrait être réduite à 10 % en 2000, puis 5% en 2003, le déficit budgétaire doit être réduit à 5 % en 2000 , puis 4% en 2003 , la limite maximale des avances de la Banque Centrale devrait être plafonnée à 10% des recettes fiscales de l’année précédente, les réserves de change de trois mois en 2000 et six mois en 2003, la pression fiscale d’au moins 20% des recettes fiscales , la masse salariale ne doit pas dépasser 30 % des restes fiscales.

La zone qui devrait être créée à l’époque, regrouperait au départ : le Nigéria, le Ghana, la Guinée, la Sierra-Léon, Le Libéria, le Cap-Vert et la Gambie. Aujourd’hui la zone s’est élargie avec l’arrivée des huit pays membres de l’UEMOA, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Guinée Bissau, le Bénin, Le Togo, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l’ensemble de ces quinze pays forment la CEDEAO.

De reports en reports, des divergences inutiles sur les fameux critères de convergence inventées de toutes pièces, ajouté des crocs en jambes, empêchent la mise en œuvre des instruments de la zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest, la ZMAO. Et pourtant lorsque la zone monétaire de l’Union Européenne avaiit été créée, tous les critères de convergence, n’étaient pas remplis. Actuellement tous les pays membres de l’union européenne ne remplissent pas les mêmes critères de convergence.

La locomotive de l’Union Européenne reste toujours l’Allemagne.

La France est aujourd’hui 5ème puissance mondiale grâce à l’apport des devises de la zone franc. Dès qu’elle perdra la mainmise sur les devises du franc CFA, elle perdra son rang de 5ème rang mondial. C’est ça la vérité, c’est ça la raison des crocs en jambes, des menaces voilées.

Le maintien de la parité fixe de l’ECO à l’EURO, de la garantie de la convertibilité de l’ECO par la France est encore une soumission aux relents néocolonialismes.
Beaucoup des pays européens reprochent à la France cet état de fait, cette mainmise sur les devises africaines.
La parité fixe nuit aux relations économiques internationales des pays africains avec le reste du monde, nos pays ne peuvent se développer avec la parité fixe, le taux de change flexible est plus propice à booster le développement des entreprises industrielles et la création d’emplois en Afrique.

La CEDEAO a grandement besoin de sa souveraineté monétaire, pour y parvenir il faudrait abandonner cette exigence de critères de convergence incompatible avec la réalité socio-économique africaine. Les économistes africains, la société civile, les intellectuels, se devraient de s’investir farouchement pour l’avènement d’une véritable souveraineté monétaire africaine.

Le projet de la création de la zone avait pris forme et âme lorsque la conférence des chefs d’État de la CEDEAO avait confié aux trois chefs d’État, à savoir : Muhammadu Buhari du Nigéria, Issoufou Mahamadou du Niger et Nana Akufo Addo du Ghana, la mission de coordonner la création et la mise en œuvre de la monnaie commune unique Africaine de la CEDEAO. Cette mission a été accomplie avec succès et professionnalisme. L’ECO avait été créé le 29 juillet 2019 , à la 56ème conférence de la CEDEAO, tenue à Abuja, au Nigéria, la mise en œuvre de la dite monnaie était  prévue en juillet 2020, suite à la pandémie COVID 19, la mise en œuvre avat été ajournée à 2021.

Les réflexions et la mise en œuvre de l’ECO, devraient se poursuivre en tenant compte des travaux adoptés à Abuja, au Nigéria le 29 juillet 2019.

Le taux d’échange retenu est le taux de change flexible, c’est le plus efficace en raison des relations économiques que la zone entretient avec beaucoup des pays hors de la zone euro, ce qui facilitera les échanges commerciaux, porteurs des créations des entreprises industrielles, de création d’emplois.

La centralisation des devises africaines devrait être faite désormais dans un compte de la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest dont le siège devrait probablement être à Accra, au Ghana.

La gestion de l’ECO devrait être assurée en toute souveraineté par les pays membres de la CEDEAO sans aucune ingérence extérieure.

La garantie de la convertibilité devrait également être assurée grâce aux avoirs africains rapatriés du compte d’opérations logé au trésor français , aux lingots d’or et aux apports en devises des autres banques centrales africaines qui devront disparaître au profit de l’unité.
Cependant les partisans du maintien du franc CFA, de l’ancien ordre éhonté, ont trouvé une autre astuce, une grande ruse, pour annoncer pompeusement la fin du franc CFA le 21 décembre 2019, à Abidjan, qui sera remplacé par l’ECO, la parité fixe à l’euro est maintenue, la France se désengagera de la gestion de l’ECO, mais elle restera garante de la convertibilité de l’ECO.

Comment peut-on se désengager de la gestion d’une monnaie et prétendre garantir sa convertibilité ?

Il est très difficile de croire à la sincérité de cette annonce dite historique et surtout, elle est faite par un farouche adversaire de l’avènement de l’ECO. Les vrais artisans, les partisans crédibles, de la création de l’ECO étaient absents à la fameuse annonce historique, ce qui crée des doutes légitimes dans l’esprit des citoyens ouest africains.
Par conséquent nous préconisons une grande vigilance aux quinze pays membres de la CEDEAO.

Une entreprise de sabotage de la mise en œuvre de l’ECO par les partisans de la Françafrique serait habilement, subtilement, organisée.

Bientôt la Zone de Libre Echange Continentale Africaine, la ZLECAF sera aussi  une réalité.

Quel impact aura la mise en œuvre de la zone de libre-échange Continentale Africaine,(ZLECAF) sur l’économie du Niger ?

Le douzième sommet extraordinaire des chefs d’État et des gouvernements de l’Union Africaine ouvert le 4  juillet 2019,  avait pris fin le lundi 8 juillet 2019, à Niamey, capitale du Niger. Trente-deux chefs d’État et chefs des gouvernements avaient pris part à ce sommet historique de Niamey.

Le président de la république du Niger, son excellence Issoufou Mahamadou avait  gagné le pari malgré les obstacles et quelques imperfections mineures.
Le président Issoufou Mahamadou s’était  battu pour la tenue et la réussite de ce sommet, la mission était  très bien accomplie, c’est le Niger qui gagne encore !

La Zone de libre-échange Continentale Africaine avait été ratifiée et validée par 54 chefs d’État sur les 55 que compte l’Union Africaine.

Seule l’Érythrée ne l’avait pas fait, mais son représentant à la conférence avait promis que son pays le fera plus tard.
La majorité des participants à ce sommet avait salué l’accueil empreint de l’hospitalité légendaire reconnu aux Nigériens, ils ont magnifié le leadership du président Issoufou Mahamadou.

Le président nigérien avait réussi à convaincre la majorité écrasante de pays membres de l’Union Africaine à adhérer à la zone de Libre-échange Continentale Africaine. C’était une mission bien exaltante après la prouesse réalisée avec ses homologues, du Ghana, Nana Akufo Addo, et du Nigeria, Muhammadu Buhari, en réussissant à faire adhérer les pays membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à adopter la création d’une monnaie commune africaine de la CEDEAO, l’ECO.

Avec le lancement de la zone de Libre-échange et la création de la monnaie commune africaine de la CEDEAO, le président Issoufou Mahamadou, Paul Kagamé et Nana Akufo Addo, sont rentrés dans les annales de l’histoire de l’Union Africaine.

Ils ont réussi à mettre notre organisation continentale, l’Union Africaine (UA) sur la bonne voie, la voie de l’intégration économique globale, la voie vers la création d’une monnaie commune unique africaine, gage d’un développement économique et social et de l’unité africaine.  C’est un exploit à saluer.

La Zone de Libre-échange Continentale Africaine est la plus grande zone de libre-échange dans le monde. Elle regroupe 54 pays, pour une population de 1,2 milliard d’habitants, avec un PIB cumulé de 3000 milliards de dollars.

La zone sera véritablement opérationnelle en 2021.
Si notre pays mettrait  le sérieux qu’il faudrait, il aura contribué ainsi, avec les autres, à porter le taux d’échange commercial interafricain à 60% au lieu de 16 % actuellement.

Quelle problématique représente la zone de libre-échange continentale africaine, pour le Niger ?

La zone a porté sur certains instruments à mettre en place en vue de favoriser le fonctionnement efficient du mécanisme du libre-échange, il s’agit d’offres tarifaires en ligne, le paiement électronique, l’observatoire africain du commerce, la suppression des barrières douanières, la libre circulation des personnes, des biens et services, la règle de la certification d’origine de la marchandise etc.

Quel impact aura l’entrée en vigueur en 2020 de la zone de libre-échange continentale africaine sur l’économie du Niger ?

C’est l’enjeu le plus important pour notre pays. L’impact sera positif ou négatif selon la manière et le sérieux avec lesquels nous envisageons de rentrer dans ce plus vaste marché de libre-échange du monde.

Les entreprises industrielles les plus compétitives seront les plus bénéficiaires de ce marché.
Ceux qui produisent beaucoup plus en grande quantité des biens et des services de grande qualité à des prix compétitifs, seront les plus bénéficiaires des effets positifs de cette zone.

Les pays dont les entreprises industrielles nationales sont affaiblies par la concurrence déloyale organisée par les narcotrafiquants qui recyclent d’une part, l’argent sale dans le commerce des biens et services au détriment du trésor public et d’autre part ceux qui souffrent du poids étouffant de la fiscalité ne peuvent bénéficier des conséquences positives de la zone. 

Par conséquent elles seront perdantes. D’où la nécessité pour notre pays, le Niger, de mettre impérativement en place un bon dispositif composé des experts, des véritables professionnels de l’industrie et des universitaires bien outillés sur la question du libre-échange, qui va aider nos entreprises industrielles nationales à faire face aux grands enjeux de la zone de libre-échange continentale africaine.
Il serait hautement souhaitable de tenir compte des recommandations dudit dispositif.

En effet, si le géant Nigeria, malgré ses nombreuses entreprises industrielles très compétitives, a traîné les pas avant de ratifier la convention de ladite zone de libre-échange, assortie des conditions, c’est parce qu’il a organisé une large concertation avec ses opérateurs économiques pour arrêter une stratégie commune à adopter pour bien bénéficier de la zone de libre-échange et bien défendre les intérêts de leur pays au moment de la rédaction de textes réglementaires.

Notre pays, le Niger, pour bien bénéficier de son entrée dans la zone de libre-échange continentale africaine, se devrait de prendre des mesures anticipées appropriées pour bien préparer nos entreprises industrielles privées en vue de faire face à la rude concurrence. Entre autres, il pourrait être envisagé de créer des brigades mixtes constituées des agents des directions des régies financières, notamment la direction générale des impôts (DGI), la direction générale des douanes (DGD), la direction générale du trésor et de la comptabilité publique (DGT/CP), la Police économique (PE) à réhabiliter, la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), en vue d’engager une lutte efficiente contre le blanchiment d’argent, les différents trafics et fraudes au Niger.

Il faut également prendre des dispositions diligentes pour alléger le poids de la fiscalité sur les entreprises industrielles privées afin de les rendre plus compétitives et plus pourvoyeuses d’emplois.

Si toutefois les ministères en charge du commerce, de l’industrie ,de l’économie, et des finances , continuent à observer nonchalamment les enjeux économiques qui se dessinent à l’horizon pour notre pays, nous risquerions d’entrer dans la zone de libre-échange continentale africaine, en tant que simples consommateurs des produits des autres pays mieux organisés et plus réfléchis.

La nouvelle problématique qui se pose est de savoir si les départements ministériels concernés, ont réellement les moyens nécessaires et travaillent avec les personnes ressources indiquées, des universitaires bien confirmés, compétents et les chefs d’entreprise industrielles privées concernées ?

Les Etats membres de la CEDEAO se devraient de continuer la lutte et rester très vigilants jusqu’à la victoire finale. L’annonce d’Abidjan est un leurre. L ‘ECO sera un sous-multiple de la devise française Euro.
Il serait hautement nécessaire d’abandonner cette exigence des critères de convergence qui est un obstacle pour parfaire cette union tant souhaitée par les citoyens ouest africains.

La lutte pour la souveraineté monétaire de l’Afrique doit continuer, la jeunesse panafricaniste africaine, et les dirigeants convaincus de la souveraineté monétaire africaine doivent continuer la lutte, ce qui s’est passé à Abidjan est encore un obstacle très surmontable.

La monnaie commune Africaine ECO, de la CEDEAO et la ZLECAF, sont aujourd’hui devenues des réalités. L’ECO doit faire tâche d’huile sur tout le continent africain en vue de tendre vers une monnaie commune africaine continentale.
Tous ceux qui tenteront de s’opposer à ce processus de la bonne marche vers une véritable émergence africaine, devront être isolés et traités comme fossoyeurs de l’unité africaine.

Par Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI

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